Demokhratia, groupe de punk hardcore, dont le nom seul est plein de promesses. Demokhratia, ou comment, dans un pays comme l’Algérie, être contraint à l’anonymat avant même d’avoir ouvert la bouche et joué sa première note. Pour les non-arabophones, Demokhratia est un est un mix entre démocratie et khra (merde en arabe). Le titre de leur EP, Bled el petrol takoul lehkra soit littéralement « Le pays du pétrole mange de la merde ».
Le ton est donné, revendicatif et contestataire, le groupe de mâche pas ses mots et exprime avec violence sa désaffection pour le système en place, l’aveuglement de certains concitoyens, la corruption, l’extrémisme dans la religion et tout un tas d’autres sujets qu’il ne fait pas bon d’aborder là bas. L’anonymat, donc. Car, comme ils l’expliquent dans cette interview , même si officiellement il n’y a pas de censure, on peut s’attendre à toute forme de réaction de la part du gouvernement mais aussi des gens, qui agissent souvent avec violence. Alors, on peut mesurer le risque que les quatre membres du groupe prennent par engagement politique, et par amour pour la musique.
13 titres engagés, courts, rapides, aux paroles évocatrices et turbulentes. Du punk-hardcore classique et efficace, hurlé en arabe qui remue les tripes et qui donne clairement envie de se lever de sa chaise pour aller faire deux/trois moulinets.

